Björk en plein cœur des festivals d’été
Björk en goguette, en plein cœur des festivals d’été, cela tient du défilé haute couture en période de soldes : là où la plupart de ses homologues avalent les kilomètres dans la poussière ou la boue, elle opte pour des apparitions sporadiques.
Une tactique tout bénef’, qui lui permet à la fois de ne pas se disperser et de négocier des cachets sans pitié. Avant sa venue dimanche en apothéose du festival Rock en Seine, elle était deux soirs, mardi et jeudi, dans les arènes de Nîmes (photo). Un cadre hors du commun pour une artiste hors norme qui, une heure trente durant, a régenté son petit monde bipolaire, Mark Bell (machines), Chris Corsano (batterie) et Jonas Sen (claviers), à gauche, dix cuivres islandais en larges combinaisons fluo (vert, rose, bleu), à droite. Et, au centre, marqué par un laser vert, l’égérie islandaise en robe poncho colorée, généreuse en «merci bien» aigus, parsemés durant la quinzaine de titres du show.
Où, passé une première moitié mitigée, on cède face à la puissance de feu électronique des Army of Me, I Miss You, Pluto et Hyperballad qui bombardent le ciel gardois. De même que le deuxième et dernier titre du rappel, Declare Independence (entre autres extraits du CD 2007, Volta), stridence punkoïde qui déclenche une tornade pailletée et, tel un démarquage techno du People Have the Power de Patti Smith, provoque la liesse.
C’est à cet instant, où rien ni personne ne pourrait plus lui résister, que Björk, magnanime, choisit de se retirer.


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